Kareem on Le Monde

January 12th, 2007

Larbi sent us this article recently via a comment here. It is apparently unavaible on the internet, but Larbi was generous enough to provide the text for us:

Blogs sous surveillance

Par Alain Frachon, le Monde (France) du 13 Janvier 2007

Il s’appelle Abdelkareem Nabil Suleiman. C’est un jeune étudiant égyptien de 22 ans, un garçon sage, d’une famille musulmane conservatrice. On ne lui connaît aucun tropisme pour l’extrémisme politique – ni gauche ni islamiste. Il étudie le droit pour devenir avocat. Il aime son pays, ses parents, ses sœurs et sûrement ses grands-parents. Depuis la fin octobre 2005, Abdelkareem n’est plus tout à fait un homme libre, rapporte Reporters sans frontières (www.rsf.org). Régulièrement convoqué par la justice, il est tantôt incarcéré, tantôt remis en liberté, le temps que l’on précise les charges contre lui retenues. De nouveau arrêté le 6 novembre 2006, il a été présenté un mois plus tard à un procureur de la région d’Alexandrie (200 km au nord du Caire, la capitale). Il a comparu seul, ses avocats ayant été convoqués ailleurs … Le procureur a décidé de maintenir le jeune homme quelques semaines de plus en prison. Mais il a, enfin, f
ormulé des chefs d’inculpation. C’est lourd : « Circulation de rumeurs troublant l’ordre public ; diffamation à l’encontre du président égyptien ; incitation au renversement du régime ; incitation à la haine envers l’islam, circulation d’idées nuisant à la réputation de l’Egypte. »

Qu’a donc fait le sage Abdelkareem Nabil Suleiman ? Quel crime a-t-il commis pour retenir ainsi l’attention de la justice de son pays ? Réponse : il blogue. Sous son nom de blogueur, Kareem Amer, il tien son journal électronique à l’adresse suivante : karam903.blogspot.com, à l’intention de ceux qui ont le goût de s’y promener. Ecrits subversifs ? Abdelkareem dénonce le sort que l’islam réserve aux femmes, stigmatise les attiques contre les coptes d’Egypte, défend la cause des libertés public, etc. Voltairien sans le savoir, sans doute, il est centriste, réformiste sur un échiquier politique dont les dirigeants – le régime finissant d’Hosni Moubarak – ont décidé qu’entre eux, autocrates aux affaires, et les islamistes, il n’y aurait rien. Cela fait près d’un quart de siècle que ces régimes-là écrasent toute opposition démocratique pour créer l’impasse qui justifie le statu quo : nous ou les islamistes.

A nouveau champ d’expression, nouvelle répression donc. Mais la Toile a ceci de plaisant qu’elle facilite la solidarité militante – en réseau précisément. Pour sortir de l’alternative régimes autoritaires-islamistes, des courageux s’organisent. Ils défendent les défenseurs des droits de la femme et de l’homme dans le monde arabe. The Arabic Network for Human Rights Information (hrinfo.net) a le premier attiré l’attention sur le blogeur égyptien. Tapez Kareem Amer sur un moteur de recherche pour prendre la mesure de la mobilisation en faveur de ce prisonnier de conscience.

Sous la plume de notre consoeur Claire Ulrich, les lecteurs du Monde 2 pourront prochainement lire le portrait de l’Américain Ethan Zuckerman. C’est l’un des plus déterminés des activistes des droits de l’homme sur internet. Il anime www.globalvoicesonline.org qui, dans le monde entier, mène une veille constante sur les blogs traitant des droits de l’homme. Grâce à des blogueurs bénévoles de la trempe d’un jeune Egyptien nommé Abdelkareem Nabil Suleiman.

(By Alain Frachon, Le Monde January 13, 2007 - Le Monde is the leading French newspaper(www.lemonde.fr)

2 Responses to “Kareem on Le Monde”

  1. Le blogueur pourpre Says:

    Kareem, on voit bien que la liberté n’est pas la chose la mieux partagée en ce bas monde. Que ceux qui l’aiment la chérissent et la défendent! Non à l’autocensure, aux censeurs extrêmes, aux religieux intégristes ou moralistes extrêmes! Je suis heureux de ne pas vivre en Egypte! Courage Kareem, garde tes convictions, ta liberté de ton, participe à la libération des forces vives et libres de ton pays! J’aime ton Egypte :)

    Liberté:

    “Sur mes cahiers d’écolier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable sur la neige
    J’écris ton nom

    Sur toutes les pages lues
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou cendre
    J’écris ton nom

    Sur les images dorées
    Sur les armes des guerriers
    Sur la couronne des rois
    J’écris ton nom

    Sur la jungle et le désert
    Sur les nids sur les genêts
    Sur l’écho de mon enfance
    J’écris ton nom

    Sur les merveilles des nuits
    Sur le pain blanc des journées
    Sur les saisons fiancées
    J’écris ton nom

    Sur tous mes chiffons d’azur
    Sur l’étang soleil moisi
    Sur le lac lune vivante
    J’écris ton nom

    Sur les champs sur l’horizon
    Sur les ailes des oiseaux
    Et sur le moulin des ombres
    J’écris ton nom

    Sur chaque bouffée d’aurore
    Sur la mer sur les bateaux
    Sur la montagne démente
    J’écris ton nom

    Sur la mousse des nuages
    Sur les sueurs de l’orage
    Sur la pluie épaisse et fade
    J’écris ton nom

    Sur les formes scintillantes
    Sur les cloches des couleurs
    Sur la vérité physique
    J’écris ton nom

    Sur les sentiers éveillés
    Sur les routes déployées
    Sur les places qui débordent
    J’écris ton nom

    Sur la lampe qui s’allume
    Sur la lampe qui s’éteint
    Sur mes maisons réunis
    J’écris ton nom

    Sur le fruit coupé en deux
    Dur miroir et de ma chambre
    Sur mon lit coquille vide
    J’écris ton nom

    Sur mon chien gourmand et tendre
    Sur ses oreilles dressées
    Sur sa patte maladroite
    J’écris ton nom

    Sur le tremplin de ma porte
    Sur les objets familiers
    Sur le flot du feu béni
    J’écris ton nom

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom

    Sur la vitre des surprises
    Sur les lèvres attentives
    Bien au-dessus du silence
    J’écris ton nom

    Sur mes refuges détruits
    Sur mes phares écroulés
    Sur les murs de mon ennui
    J’écris ton nom

    Sur l’absence sans désir
    Sur la solitude nue
    Sur les marches de la mort
    J’écris ton nom

    Sur la santé revenue
    Sur le risque disparu
    Sur l’espoir sans souvenir
    J’écris ton nom

    Et par le pouvoir d’un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer

    Liberté.”

    Paul Eluard

  2. Le blogueur pourpre Says:

    FREE KAREEM!!!

    Moi qui voulait voir les pyramides, je vais attendre qu’un souffle nouveau…

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